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samedi 26 octobre 2024

Patrick Bruel - Les chaises vides : hommage aux victimes du 7 octobre.




On aura beau chercher le pourquoi du comment.

La vie bascule sans prévenir, les hommes donnent ce qu'ils ont de pire

et puis...

On aura beau parler, en parler aux enfants,

pour ne pas blesser la mémoire, pouvoir affronter les miroirs,

il restera tout, ce qu'il y avait autour d'une vie, d'une voix,

de tant d'histoires d'amour.

Toute la douleur de ce jour, sans sursis ni recours,

ces silences tellemеnt sourds.

 

[Refrain]

Mais qu'est-ce qu'on fait des chaisеs vides ?

Celles des écoles, celles des concerts, les chaises des repas de famille,

sans parler des anniversaires ?

Elles nous observent les chaises vides, elles sont d'un silence exemplaire,

même si c'est que du bois aride, nos larmes regardent, et on espère.

 

On aura beau mentir, dire que ça va passer.

Le chagrin glisse et nous devance, sans nous laisser la moindre chance,

et puis...

On aura beau maudire ceux qui leur ont volé

l'ivresse qui coulait de leurs hanches,

la beauté de leurs corps qui dansent,

il restera ce que l'on dira d'eux,

un poème, un combat, pour ne pas baisser les yeux,

le souvenir qu'on leur doit comme on souffle sur un feu

pour qu'il ne meure pas.

 

[Refrain]

Mais qu'est-ce qu'on fait des chaises vides ?

Celles des écoles, celles des concerts, les chaises des repas de famille,

sans parler des anniversaires ?

Elles nous observent les chaises vides, c'est le seul silence que j'accepte,

même si c'est que du bois aride, les larmes coulent, l'histoire se répète.

 

Il y a aussi des chaises vides de l'autre côté de la frontière,

quand elles font face aux yeux humides

d'un père, d'une sœur ou d'une mère.

 

[Refrain]

Elles nous obsèdent les chaises vides, celles que leur vie a désertées.

Ils étaient si beaux, si candides, dans cet octobre meurtrier.

Elles nous obsèdent les chaises vides, leur silence est triste à crever

même si c'est que du bois aride qu'elles nous disent qu'ils vont rentrer.



lundi 12 décembre 2022

Patrick Bruel "L'instit" - France Bleu Live




Elle enseignait les numéros

et les couleurs de l'arc-en-ciel,

comme autant de petits barreaux

pour se construire une grande échelle.

 

Elle leur a donné l'ABC,

leur offrait des récitations

à tous ces enfants mal armés

en guise de petites munitions.

 

Elle leur parlait de tous les livres,

elle leur a appris toutes les lettres

pour devenir des hommes libres

et se fabriquer des fenêtres.

Et même le dernier des cancres

écoutait La chartreuse de Parme.

Elle disait qu'une main tachée d'encre

est une main qui ne tiendra pas d'arme.

 

Elle leur apprenait, voyez-vous,

qu'un livre peut changer une vie.

Elle leur apprenait, voyez-vous,

qu'un livre peut être un ami.

 

Elle avait le rêve un peu fou

qu'un livre peut changer une vie,

et qu'il n'y a de voyous

que des gens qui n'ont rien appris.

 

Aujourd'hui, je repense à elle,

à toutes les vies qu'elle a changées,

avec ses consonnes et voyelles

et toutes les phrases qu'elle a semées.

Je la revois à son bureau,

la tête penchée sur le côté,

en train de réparer leurs mots

comme on soignerait des blessés.

 

Elle leur apprenait, voyez-vous,

qu'un livre peut changer une vie.

Elle leur apprenait, voyez-vous,

qu'un livre peut être un ami.

Elle avait le rêve un peu fou

qu'un livre peut changer une vie,

et qu'il n'y a de voyous

que des gens qui n'ont rien appris.

 

Cette maîtresse, c'était ma mère,

de l'avoir un peu partagée

je me sens riche de sœurs et frères

que je n'ai jamais rencontrés.

Fleurs libres et fleurs sauvages

que la vie puisse les arroser

d'amour, de savoir et d'ouvrage

autant qu'un jardín, de pensées.

 

Elle leur apprenait, voyez-vous,

qu'un livre peut changer une vie.

Elle leur apprenait, voyez-vous,

qu'un livre peut être un ami.

Elle avait ce rêve un peu fou

qu'un livre peut être un ami.

Peut être un ami.

Peut être un ami.

Peut être un ami.








mardi 16 février 2021

Patrick Bruel - Le fil (Clip officiel)


Dire qu'hier encore, j'ai vu grandir ton petit corps
Qui veut s'enfuir dès qu'il a tort
Moi qui t'ai appris à tenir sur tes deux guiboles
Tu me voyais comme une idole
Mais aujourd'hui, j'avoue, tu m'étonnes
Tu me défies, t'en fais des tonnes, tu joues à l'homme
Car moi je me sens dépassé par les événements
Dans ma mémoire, t'es qu'un enfant.
Ne perds pas le fil, entre nous c'est si fragile
Si délicat, tu sais je ne te le dis pas
Perds pas le fil, entre nous c'est si fragile
Si délicat, mais sache à quel point je suis fier de toi.
Lorsque l'on s'engueule, dans cette épreuve les parents seuls
Font ce qu'ils peuvent, pas ce qu'ils veulent.
Oui ne t'en fais pas, ton père aussi fait des folies,
Tu en feras, tu verras.
Encore une année et tu seras plus fort que moi
Plus élancé, regarde-toi
Dans le grand miroir qui aura vu passer l'histoire
De nos débuts à ton départ.
Ne perds pas le fil, entre nous c'est si fragile
Si délicat, tu sais je ne te le dis pas
Perds pas le fil, entre nous c'est si fragile
Si délicat, mais sache à quel point je suis fier de toi
Tu sais je ne te le dis pas,
Perds pas le fil, entre nous c'est si fragile,
Si délicat, mais sache que je suis tellement, tellement fier de toi.

jeudi 19 mars 2020

Patrick Bruel: Héros






Je veux offrir ces quelques rimes
À tous ces hommes anonymes
Tous ces héros sans patronyme
Tous ceux qui n'auront jamais d'hymne
Ceux que l'histoire a vus passer
Que la mémoire a effacés
Qui n'ont pas jugé nécessaire
D'en faire tout un anniversaire
À tous ceux qui se damnent
À tous ceux qui se donnent

Hommage aux femmes, hommage aux âmes
Hommage aux hommes

À tous ceux qui se sont battus
Qui ont gagné sans l'avoir su


Je veux offrir ces quelques phrases
À ceux qui passent et puis s'effacent
Aux inventeurs de jolis mots
Morts de les avoir chantés trop
À ceux qui courent dans les secours
Qui dans les nuits donnent le jour
À ceux qui s'éteignent dans les flammes
Sans drapeau et sans oriflamme
À tous ceux qui se damnent
À tous ceux qui se donnent
Hommage aux femmes, hommage aux âmes
Hommage aux hommes
Tous ces faiseurs d'humanité
Effacés par l'humilité
Effacés par l'humilité


Je veux offrir ces quelques rimes
À tous ces hommes anonymes
À tous ces héros quotidiens
Pour un sourire ou pour un rien
À toutes ces personnes qui nous laissent
Tant d'espoir, dans de simples gestes
Et puis enfin aussi à toi
Toi qui fais tant et qu'on voit pas


À tous ceux qui se damnent
À tous ceux qui se donnent
Hommage aux femmes, hommage aux âmes
Hommage aux hommes
À tous ceux qui se sont battus
Qui ont gagné sans l'avoir su
À tous ceux qui se sont battus
Qui ont gagné sans l'avoir su



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