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jeudi 4 mars 2021

Francis Cabrel - Peuple des fontaines


J'ai confié ma peine au peuple des fontaines
pour qu'un jour tu reviennes te pendre à mon bras.
Dimanche et semaine ne sont qu'une chaîne
de ces jours gris qui n'en finissent pas.

Des rues où je traîne toujours, toujours
toujours me reviennent ces instants trop courts.
Le Rhône, ou la Seine, Rimbaud ou Verlaine
rien ne m'en consolera.

Princеs et souveraines, simplеs comédiennes,
comme des dizaines d'amants maladroits
ont gravé les mêmes stupides rengaines,
les mêmes soupirs aux mêmes endroits.

Des rues où je traîne toujours, toujours
toujours me reviennent ces instants trop courts.
Les seules qui comprennent qui sachent où ça mène
fontaines, dites-moi…

Vous qui en avez tant écouté,
vous qui ne sauriez pas mentir:
est-ce qu'elles savent pardonner, ces belles pour qui l'on respire?
Les avez-vous vues s'approcher
penchées sur vos reflets saphir
Dire qu'on peut tout recommencer: cherchez bien dans vos souvenirs
Cherchez bien

J'ai confié ma peine au peuple des fontaines.
Pour qu'un jour me revienne le bruit de tes pas
je donnerais tout Göttingen
toutes les Suzanne de Cohen.
Pour ce jour béni d’où tu me reviendras
je donnerais tout Göttingen,
toutes les Suzanne de Cohen,
pour ce jour béni où tu me reviendras.


lundi 12 octobre 2020

Francis Cabrel: Te ressembler (2020)

 



T'as jamais eu mon âge
T'as travaillé trop dur pour ça
Toutes les heures du jour à l'usine
À l'entrée du village
Le soir, deux jardins à la fois
Et tout ça pour que tes enfants mangent
Ça, je le sais bien, j'étais là
 
Ça en prenait du courage
Pour se lever, à ces heures-là
Bien avant, le jour de partir
Dans le pas d'éclairage
À mains nues sur le guidon froid
Et tout ça pour que tes enfants dorment
Ça, je le sais bien, j'étais là
 
J'aurais voulu te ressembler, je le jure
Mais voilà, il suffit pas de vouloir, c'était pas dans ma nature
T'as vraiment dû t'interroger, je suis sûr
Et un jour, j'ai croisé une guitare, j'ai vécu comme on s'amuse
T'avais les pieds sur terre
Et, j'étais tout le contraire
 
On s'est pas dit "Je t'aime"
On s'est pas serré dans les bras…
 
Concertant l'amour il fallait tout deviner nous-mêmes
on nous laissait grandir comme ça
Et tu vois, on a grandi quand même
je le sais bien, j'étais là
 
D'avoir eu tant de chance
Quelques fois, je me sens fautif
Je regarde autour
Ma maison est immense et mon jardin décoratif
Et, je sais
Depuis ton lointain au delà
T'as gardé un œil sur moi
 
J'aurais voulu te ressembler, je le jure
Mais voilà, il suffit pas de vouloir, c'était pas dans ma nature
T'as vraiment dû t'interroger, je suis sûr
Et un jour, j'ai croisé une guitare, j'ai vécu comme on s'amuse
T'avais les pieds sur terre
Et, j'étais tout le contraire
Tout le contraire
 
(Pa-la-pa-pa, pa-la-pa-pa-pa-pa-la-la)
T'as jamais eu mon âge
T'as travaillé trop dur pour ça
T'as jamais eu mon âge
T'as travaillé trop dur pour ça